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Critique : DEATH NOTE, Barbican Theatre

L’adaptation de Frank Wildhorn du manga à succès fait sa première anglaise entièrement montée

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Critique : DEATH NOTE, Barbican Theatre

4 étoiles

Il est compréhensible que Frank Wildhorn ait choisi d’adapter sur scène le manga très populaire de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, Death Note, car il présente plusieurs thèmes chers à ses précédentes œuvres : les questions sur la nature humaine dans Jekyll & Hyde, le vigilantisme en rébellion contre la corruption dans Bonnie and Clyde, et la conformité sociale versus la libération personnelle dans Rudolf : The Last Kiss.

Commençant sa vie scénique en 2014 sous forme d’album démo, Death Note a conduit à des productions mondiales couronnées de succès ainsi qu’à des concerts complets au Lyric Theatre en 2023. Avec cette montée des adaptations scéniques de franchises d’anime arrivant à Londres, de Mon voisin Totoro à Ton Lie en avril, la première représentation complète en anglais de Death Note au Barbican semble arriver au moment idéal.

« Où est la justice ? » demande le génie adolescent Light Yagami dès le début, déplorant la corruption dans le monde. Sa réponse se trouve bientôt dans le carnet éponyme donné par le Shinigami (esprit de la mort japonais) Ryuk, ennuyé, qui lui accorde le pouvoir de tuer toute personne dont il écrit le nom, à condition de pouvoir l’imaginer. Devenu un justicier connu sous le nom de Kira par ses fans, le nombre croissant de morts déclenche bientôt une partie de cache-cache avec la police de Tokyo menée par le détective L.

Si un mot devait décrire ce Death Note, ce serait ambitieux. La mise en scène de Stephen Whitson traite ce matériau faustien et souvent absurde avec un niveau de drame et de camp shakespearien que seule une scène aussi grande que celle du Barbican pouvait accueillir. Cependant, cette ambition se révèle parfois excessive. Le livret de Ivan Menchell propose des idées fascinantes autour de l’ambiguïté morale du vigilantisme et de la mortalité, mais adapter un manga de 12 volumes en un spectacle de deux heures et demie les laisse sous-explorées.

Le premier acte en particulier en souffre, compressant différents sous-intrigues dans une forme presque épisodique qui peine à respirer – par exemple l’amour du Shinigami Gelus pour la star pop Misa qui la pousse au sacrifice – avant de passer au développement suivant. Le deuxième acte s’améliore avec la rivalité entre Light et L qui gagne en intensité, bien que les dialogues très explicatifs, utiles pour les novices, puissent parfois privilégier le récit à la mise en scène.

La musique pop-rock de Wildhorn et les paroles de Jack Murphy portent une conscience de la part de leur absurdité, mais il est indéniable qu’elles sont électrisantes, symphoniques et entraînantes (même si une ballade puissante de trop se fait sentir). Tout aussi impressionnant est le décor et la vidéo ensorcelants conçus par Jon Bausor et Akhila Krishnan, sans pareil dans mon expérience. D’allure presque opératique, ils conviennent parfaitement au faste du Barbican : des décors tournants, coulissants et une plateforme qui s’élève où les shinigamis observent le monde humain en dessous. L’éclairage laser néon de Jen Schriever remplit la salle tandis que la chorégraphie bombastique du multi-récompensé Fabian Aloise domine la scène, notamment lors des séquences en concert. Un véritable festin pour les sens.

Xander Pang incarne la descente de Light, d’étudiant bien intentionné à mégalomane arrogant, tout en montrant ses talents vocaux dans des morceaux comme Hurricane. Colin Ryan est le parfait contrepoids dans la peau de L, le détective excentrique et analytique, dans une performance finement détaillée qui nous fait douter du véritable antagoniste. La chérie du West End, Grace Mouat, continue de briller dans le rôle de la distante mais maternelle Shinigami Rem, offrant une belle voix dans When Love Comes, tandis que la star de Broadway Telly Leung semble s’amuser comme un fou dans le rôle espiègle de Ryuk, croquant le décor entre deux bouchées de pommes. Stephanie Zaharis fait quant à elle une forte entrée au Royaume-Uni dans le rôle de Misa Amane, véritable puissance pop saluée par de nombreux applaudissements sur Borrowed Time.

En mettant de côté les quelques discontinuités du scénario, il y a beaucoup à apprécier dans Death Note. Les fans inconditionnels seront ravis de voir cet univers prendre vie avec ses visuels époustouflants et sa distribution impressionnante, tandis que les nouveaux venus se laisseront rapidement emporter par cette mélodrame palpitante. Une chose est sûre, Death Note ne vous laissera pas mourir d’ennui cet été.

Death Note est à l’affiche du Barbican jusqu’au 12 septembre

Crédit photo : Manuel Harlan


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