Langues Disponibles
![]()
Edmond Rostand’s classique revient au West End avec une nouvelle adaptation de Simon Evans et Debris Stevenson. C'est une approche radicalement différente de la dernière fois que nous avons vu Cyrano sur une scène commerciale. Si Jamie Lloyd a redéfini l'histoire en 2019, Evans la ramène à ses racines dans une célébration de cœur d'émotion, de langage et d'empathie. Avec Cyrano, Rostand explore la relation intemporelle entre la beauté intérieure et extérieure. Adrian Lester brille en tant que poète au grand nez, accompagné de la remarquable Susannah Fielding dans le rôle de Roxane.
Notre protagoniste, un noble du XVIIe siècle, est un maître du duel plein d'esprit et un écrivain incroyablement talentueux. Il est cependant accablé par un grand nez disgracieux qui, selon lui, le rend peu aimable. En raison de ce handicap, il refuse de révéler ses sentiments pour la belle Roxane. Entre Christian, un cadet beau mais sans esprit, qui est tombé amoureux d'elle au premier regard. Cyrano accepte d'aider Christian à courtiser Roxane avec une série de lettres sincères ; Roxane tombe amoureuse des mots, croyant qu'ils viennent de Christian. La guerre éclate, le chaos s'ensuit et la ruse se poursuit jusqu'à ce que la mort frappe à la porte de Cyrano. Fin.
Adrian Lester, Susannah Fielding dans Cyrano de Bergerac
C'est la parfaite tragédie romantique pour la chaleur de l'été. Le script d’Evans et Stevenson est une cornucopia de poésie magnifique et de dialogues charmants. Le texte se régale de sa construction, avec des tournures délicieuses qui affirment les subtilités de l'intrigue. Le rythme poétique de la pièce est tout simplement exquis, s'écoulant sans effort du vers à la prose. Les visuels sont tout aussi captivants. Evans étend l'action, utilisant l'immensité de la scène Noël Coward avec un décor solide conçu par Grace Smart. Il regroupe la compagnie avec la fausse pierre d'un bâtiment grandiose.
La performance déborde du proscenium, avec de nombreuses occasions d'interaction avec le public et des clins d'œil méta-théâtraux. C'est drôle et engageant, brisant l'illusion de prétention et établissant une discussion directe avec notre époque. L'équipe créative réitère la pertinence de l'histoire en utilisant le vieux truc de l’ambiguïté vestimentaire. La scène est clairement ancrée dans le passé, mais les hommes portent des jeans et d'autres pièces de vêtements anachroniques aux côtés de leurs épées. Les robes de Roxane sont magnifiques, mais pas du tout appropriées ni montrant une quelconque précision historique. Néanmoins, la production est superbe.
La distribution livre une collection d'interprétations brillantes, mais il est clair que c'est le spectacle d'Adrian Lester. Il cache l'insécurité émotionnelle de Cyrano derrière sa supériorité intellectuelle, insistant sur le flamboyant de son choix de mots chaque fois qu'il perçoit une attaque personnelle. Il est à la fois rieur et taquin un moment, déchirant et tendre l'autre, glissant entre humour et réflexion dans la même phrase, captivant alors qu'il combat sans relâche des adversaires indignes dans un duel, comme il le fait en conversation.
Fielding est une Roxane pleine de vie, présentant une femme d'opinion qui n'a pas peur de prendre les devants et de répondre. Elle est consciente de sa beauté et l'utilise pour manipuler ses prétendants. Scott Handy en fait partie : le Comte de Guiche, un vilain imprévisible et intimidant, est un méchant convaincant. D'autre part, Levi Brown est le jeune et séduisant Christian. D'autres temps forts dans l'ensemble : Philip Cumbus dans le rôle du loyal Le Bret et la bande qui suit Cyrano.
Adrian Lester, Matt Mordak dans Cyrano de Bergerac
La musique accompagne une grande partie du récit, soulignant les moments d'intensité lorsqu'ils ne sont pas directement appelés par les personnages. C'est un joli détail. Dans l'ensemble, le projet est une pièce de théâtre charmante, assez traditionnelle, mais extrêmement agréable. Il a tendance à être un peu long, presque atteignant les trois heures, mais ce n'est pas une torture. Les performances sont remarquables, l'écriture est magnifique et la direction est serrée. Que ne pas aimer
Cyrano de Bergerac se joue au Théâtre Noël Coward jusqu'au 5 septembre.
Photographie par Marc Brenner