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Critique : THE HOLY ROSENBERGS, Menier Chocolate Factory

Oy vey : cette pièce sur l'identité juive manque ironiquement de la sienne.

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Critique : THE HOLY ROSENBERGS, Menier Chocolate Factory

Au Menier Chocolate Factory, la reprise de Ryan Craig’s The Holy Rosenbergs arrive avec le poids de l'histoire attaché à elle. Lorsqu'elle est apparue pour la première fois au Théâtre National’s Cottesloe Theatre en 2011, c'était une entrée percutante dans une conversation sur l'identité juive, la loyauté familiale et la fracture politique moderne. Quinze ans plus tard, la conversation est devenue plutôt encombrée.

Le théâtre récent est retourné à plusieurs reprises à la même source. Des œuvres comme Sam Grabiner’s Christmas Day et Patrick Marber’s C'est ce dont nous parlons lorsque nous parlons de Anne Frank ont examiné l'identité juive, le conflit générationnel et la relation malaisée entre les Juifs de la diaspora et la politique israélienne avec une force considérable. Dans ce contexte, The Holy Rosenbergs se retrouve à revisiter un terrain qui semble maintenant familier. Un terrain important, certes, mais bien usé.

Crédit photo : Manuel Harlan

La pièce tente de compenser en lançant une impressionnante quantité d'histoires sur la scène. Le patriarche Rosenberg, David (Nicholas Wodeson), fait face à l'effondrement de sa société de restauration suite à la mort d'un convive après avoir mangé sa mousse de saumon. Pour compenser les contrats perdus, il passe ses jours à ériger des piliers romains devant sa maison et ses nuits à conduire un minicab avec une hache à portée de main, des détails qui semblent être venus d'une pièce complètement différente.

Pendant ce temps, sa fille Ruth (Dorothea Myer-Bennett) rentre chez elle depuis Genève où elle écrivait un rapport controversé sur les droits de l'homme examinant les violations commises par les Israéliens et les Gazaouis d'après des preuves obtenues (entre autres) de son frère défunt Danny. Sa présence devient problématique quand elle veut assister à ses funérailles, seulement pour découvrir que le rabbin de la famille et le président de la synagogue sont déterminés à l'en empêcher.

Crédit photo : Manuel Harlan

Planant au-dessus de tout cela, il y a Jonny (Nitai Levi), le fils survivant désespéré d'échapper aux attentes de son père et à la vie tracée pour lui, et la femme de David, Lesley (Tracy-Ann Oberman), qui est émotionnellement épuisée alors qu'elle tente d'empêcher la famille d'imploser.

Lindsay Posner met en scène cette reprise comme un cocktail de Friday Night Dinner — dans lequel Wodeson est apparu comme rabbin — mélangé avec de généreuses doses de Eastenders et Newsnight. Tim Shortall’s décor statique est des années quatre-vingt-dix, façon années soixante-dix, un système hi-fi midi le seul signe de technologie parmi les meubles italiens et les photos de famille. Le design sonore et lumineux de Yvonne Gilbert et Charles Balfour est tout aussi sommaire.

Crédit photo : Manuel Harlan

Individuellement, beaucoup de ces fils ont de la mordant. Collectivement, ils rivalisent. À deux heures et quinze minutes, la pièce a le temps de les explorer, mais rarement la discipline pour choisir ce qui compte le plus. Nous ricochetons entre des querelles familiales de type sitcom, un drame domestique réaliste et des éruptions soudaines de débats politiques. Le résultat est une pièce profondément préoccupée par les questions d'identité qui, ironiquement, a du mal à établir la sienne.

Ce qui empêche la soirée de s'effondrer sous le poids de ses ambitions, c'est le jeu des acteurs. Même en pataugeant sans cesse à travers des clichés, Wodeson (qui a grandi en Israël) campe un personnage sympathique en tant que pater (très) familias rebondissant d'une crise à l'autre. Adrian Lukis’ apparition tardive en tant que patron de Ruth, Sir Stephen Crossley, apporte une présence formidable et une intensité émotionnelle ; son débat titanesque avec Dan Fredenburgh’s Saul est sans doute le point culminant de la pièce et ancre toute prétention que The Holy Rosenbergs est plus que la somme de ses nombreux éléments dramatiques. Myer-Bennett est tout aussi captivante, naviguant dans la certitude morale et la vulnérabilité émotionnelle du personnage avec intelligence et retenue.

Crédit photo : Manuel Harlan

The Holy Rosenbergs reste un examen solide, parfois captivant, de la famille, de la foi et de la conscience politique. Pourtant, en essayant de tout dire à la fois, cette reprise finit par diluer ses idées les plus fortes. Dans une pièce aussi préoccupée par la question de qui nous sommes, la chose la plus surprenante est sa difficulté à cerner exactement ce qu'elle veut être.

The Holy Rosenbergs continue au Menier Chocolate Factory jusqu'au 2 mai.

Crédit photo : Manuel Harlan
 


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