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Hofesh Shechter évolue sur la scène de la danse britannique depuis le début des années 2000, et même si je ne suis pas un disciple acharné, comme la plupart des acteurs londoniens, j’ai failli devenir sourd lors de Political Mother en 2010.
Je suis tenté de dire que c’est cette pièce qui a fait de Shechter un nom familier en matière de danse contemporaine, pourtant, retrouver son travail 16 ans plus tard ne donne pas l’impression d’une expérience évolutive.
Comme beaucoup d’autres, Shechter a désormais une compagnie junior ; Shechter II, et c’est cette troupe qui présente IN THE BRAIN. L’œuvre a été créée à l’origine pour la compagnie Martha Graham en 2022, et est née de l’idée du danseur Daniil Simkin, qui voulait porter « la scène techno club à un nouveau niveau, en trouvant un moyen d’intégrer un mouvement chorégraphié dans un événement de style rave ».
Sur le papier, l’idée est séduisante, mais je crains de ne pas avoir été convaincu par l’expérience en pratique. Tout mon respect aux huit danseurs qui semblaient totalement engagés, mais je suis ressorti avec le sentiment prédominant que participer à une vraie rave est sans doute bien plus intéressant que d’en regarder une performative au Queen Elizabeth Hall.
Crédit image : Todd MacDonald
Beaucoup de créateurs contemporains semblent obsédés par ce sujet, mais peu, voire aucun, transcendent, à mon humble avis. La plupart s’appuient sur un éclairage sombre et atmosphérique et sur des danseurs semblant au bord de la perte de contrôle. Ces deux éléments ne retiennent pas mon attention longtemps.
Quiconque connaît le répertoire de Shechter reconnaîtra son langage chorégraphique : marches laborieuses, suspension proche du sol, ondulations infinies, etc., mais l’ensemble ne m’a mené nulle part de notable. Que ce soit lors de passages en unisson ou d’éphémères joutes dansées, mon état émotionnel est à peine affecté. Et les périodes de répétition prolongée frôlaient la torture. Cela a fini par sembler une heure très longue.
Shechter est aussi responsable de la musique, qui, là encore, ne m’a pas touché. Des sons aquatiques au début à des rythmes drum and bass assez convaincants, nous—ou plutôt moi—avons regardé et écouté sans avancer d’un pouce.
Je suppose que le principal problème était la structure. Je ne réclame pas une montée en puissance littérale, mais une certaine trajectoire aide toujours. IN THE BRAIN semblait s’écouler sans but réel ni issue évidente. Une bonne soirée est composée de plusieurs actes différents, avec un certain niveau de drame pour captiver l’esprit. Cette expérience Shechter n’en était pas proche.
Shechter II : IN THE BRAIN se joue au Queen Elizabeth Hall, Southbank Centre jusqu’au 25 juillet
Crédits photos : Todd MacDonald