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L'Orchestre National des Jeunes participe désormais régulièrement aux BBC Proms, ce soir sous la direction de Thomas Adès. Les démons inspirent ce programme, avec la "Valse Méphisto n°1" de Liszt et la "Symphonie fantastique" de Berlioz, accompagnées de la propre composition de Adès, "Dante – Partie 2 : Purgatorio", écrite pour le ballet Dante.
Composé de musiciens âgés de 14 à 19 ans, cet orchestre réunit d’excellents interprètes, passionnés et enthousiasmés par leur art. Par moments, les bois et les cuivres se lèvent pour certains passages. Les percussions, à la fois sur scène et dans la galerie pour le Berlioz, sont vives et investies. La section des cordes permet aux mélodies de s’envoler et de se développer. La joie de ces jeunes est perceptible à chaque note ; leur passion pour leur art atteint le public alors que nous attendons avec impatience chaque segment du programme.
La pièce de Liszt s’inspire de la légende de Faust, un homme qui vend son âme au Diable en échange de savoir et de puissance illimités. La "Valse Méphisto n°1" offre un aperçu d’une danse dans une auberge, où Méphisto/Le Diable tente Faust dans une intense explosion de plaisir physique. C’est une pièce espiègle, mêlant moments de frénésie à des passages de grande beauté.
Le "Purgatorio" de Adès utilise des chants enregistrés – provenant de la synagogue Ades, "Jérusalem" – pour presque créer une rivalité avec les instruments en direct, une cour assourdissante entre les deux dans une pièce sombre, inquiétante et démoniaque. Ayant vu cette musique utilisée dans "The Dante Project", avec l’imagerie des danseurs interprétant les mélodies, j’ai trouvé que cela fonctionnait un peu moins bien en tant que pièce autonome, mais la virtuosité des musiciens élève l’œuvre et évoque l’image d’une âme prisonnière entre le paradis et l’enfer.
Crédit photo : Louise Penn
Après l’entracte, la "Symphonie fantastique" de Berlioz, avec son jeune homme tourmenté et ses visions troublantes. Cloches, tubas, bassons, percussions, flûtes et cordes se croisent dans cette œuvre intense et captivante. Tout comme le chœur, détaché de la scène principale, flotte à travers la composition d’Adès, les instruments placés dans la galerie accompagnent également cette atmosphère.
Bien que connue même des auditeurs occasionnels de musique classique, il est toujours un privilège d’entendre cette pièce en live, et l'Orchestre National des Jeunes saisit cette opportunité avec talent. Berlioz s’est partiellement inspiré de son attirance pour l’actrice Harriet Smithson, une femme qu’il rencontra finalement après sept ans, conduisant à leur mariage. Les cinq mouvements de la "Symphonie fantastique" deviennent de plus en plus troublants. Les thèmes dansants et pastoraux cèdent la place à un cauchemar induit par l’opium et un sabbat de sorcières dérangeant.
Au terme d’une soirée remarquable avec un groupe de jeunes musiciens si motivés, le choix d’un extrait musical du film James Bond de 1967, You Only Live Twice, a donné une tonalité festive de fin de cycle pour nous accompagner dans la nuit.
Les BBC Proms se poursuivent au Royal Albert Hall jusqu’au 12 septembre